Controverse au sujet d’une place

Chacun se fera son opinion.

Le 3 février 2016 le Conseil municipal de Vic, accédant à la demande de la famille, a décidé par 18 voix sur 23 (1 vote contre, 4 abstentions) de donner à la Place de l’église le nom de l’ancien maire, monsieur Arthur Jeanjean, délibération n° 8, qui entraîna quelques remous dans le village…

Fidèles à notre volonté d’informer de façon claire et objective, nous publions, dans l’ordre chronologique de leur parution, les diverses interventions de Vicois que cette décision a pu interpeller ou de ceux qui ont désiré réagir à certains courriers y afférents.

Ne paraissent sur notre site que les écrits pour lesquels leurs auteurs nous ont préalablement donné leur accord ou les interventions de ceux qui, comme Madame Henry, nous ont demandé de les publier.

Nous ne publierons pas d’écrits postérieurs. Le chapitre se clôt aujourd’hui.

(Seul, éventuellement, trouvera place sur ce site, mais sur demande de son auteur, ce qui fut écrit avant ce jour.)

Considérant les retentissements qu’a eus cette délibération du Conseil municipal, nous récusons d’ores et déjà, et fermement, le terme de « polémique »,  trop facilement employé à notre sujet afin de nous discréditer.

En revanche, nous revendiquons celui de CONTROVERSE, celle-là étant un outil précieux de l’échange, de la confrontation d’idées et du débat démocratique, mais un outil – et nous sommes navrés de le dire – dont on ne peut que déplorer l’inexistence avant la séance du conseil municipal…

   Thrasybule

1 ) Extraits de la lettre de Françoise Potet-Legros (conseillère municipale) au Conseil municipal, le 1er février 2016, soit avant la séance du conseil

Madame le Maire

Mesdames et messieurs du Conseil municipal

(…) je tiens à manifester ma vive contrariété devant le projet de baptiser la place de l’église du nom de l’ancien maire Arthur Jeanjean.

Qu’on me comprenne bien : il ne s’agit en aucun cas de me montrer hostile au fait d’honorer Arthur Jeanjean. (…)

Ce qui me contrarie c’est que l’on donne le nom d’un maire (ou d’un homme politique quel qu’il soit) à la place de l’église. Cela fait quelque peu mélange des genres, même sans ressembler à Don Camillo et Peppone…

La place de l’église est, de facto, nommée… Pourtant, si l’on veut vraiment lui attribuer un nom, selon moi il devrait être plus général et porteur d’un sens judéo-chrétien acceptable par tous, ne hérissant personne et célébrant une vertu évangélique, comme liberté, égalité, fraternité (celles de notre devise républicaine, héritées du christianisme) ou encore : vie, espérance, paix, partage, don, accueil, conciliation, réconciliation, humanité… tant d’autres…

J’ai fait part, bien entendu, de mon émotion et de ma contrariété à Maurice Jeanjean. (…)

Il m’a dit avoir proposé, en sus de la place de l’église, la « placette », proposition à laquelle j’applaudis : elle est, pour moi, toute remplie du souvenir de Raymonde Sidobre, fille d’Arthur, et je ne peux la traverser sans penser à elle… Madame le Maire a objecté ne pas pouvoir retenir cette « placette » au motif qu’elle avait déjà un nom. Mais en est-ce vraiment un ? En outre, les noms, il arrive qu’on les change. C’est une pratique très courante. (…),

De toute façon, à défaut de la « placette », maintenant, j’aurais, personnellement, une autre proposition à faire : pourquoi ne pas donner le nom d’Arthur Jeanjean à la place de l’Office de Tourisme ?

Cette place, très fréquentée, maintes fois nommée, devenue le coeur battant de Vic, honorerait davantage la mémoire de l’ancien maire que celle de l’église qui, pour moi, est chargée de spiritualité. En outre, à l’image du « plan du château » resté pour les anciens le « plan d’Anique », la place de l’église risque fort de demeurer, pour les Vicois, la … « place de l’église » et cela, pour très-très longtemps, bien plus longtemps encore que le souvenir de notre chère Vicoise, le bel édifice médiéval étant voué à survivre quelques siècles à la mémoire éphémère des hommes…

Madame le Maire, mesdames et messieurs, je vous prie de bien vouloir prendre en considération, avant le Conseil municipal prochain, mes remarques, arguments et suggestions, sans vous focaliser sur le fait qu’ils proviennent d’une élue de l’opposition : il serait malveillant de voir là une volonté de m’opposer frontalement et par principe au projet ! Il est des moments – que je souhaiterais plus fréquents – où les querelles politiciennes ne sont pas de mise et n’ont pas leur place.

Bien évidemment, je transmets ce courrier à M. et Mme Maurice Jeanjean.

Veuillez agréer, madame le Maire, mesdames et messieurs, l’expression de mes salutations distinguées.

Françoise Potet-Legros

2 ) Lettre de l’ancien Maire de Vic, Monsieur Georges Debaille, à madame le Maire.

Georges DEBAILLE 

Ancien Maire de Vic

(1961 – 1995)

27 rue du Puits Neuf

34110 Vic-la-Gardiole

Vic, le 05/02/2016

Madame le Maire

Mairie de Vic-la-Gardiole

Madame le Maire

J’ai appris avec stupéfaction, tout abasourdi, le futur baptême de la place de l’église du nom de l’ancien Maire Arthur Jeanjean.

Généralement, lorsqu’on distingue et honore une personne, c’est que celle-ci a laissé un souvenir durable, une trace remarquable et mémorable pour les habitants d’un lieu (commune, département, région…) ou de notre pays.

Or, moi-même, qui fus le successeur de monsieur le Maire Jeanjean, je puis dire, avec tout le respect que je dois à sa mémoire, que je n’ai constaté, ni dans son héritage ni dans sa transmission, aucun fait marquant ou exceptionnel qui puisse lui mériter un tel traitement..

Les seules réalisations dignes d’intérêt dans les années 1930-1960 furent – et je le souligne – la construction de l’école communale et de la salle des fêtes actuelles, que nous devons à Monsieur Albert Pellet, le Maire précédent.

Cela dit, lorsqu’en 1961 j’ai été élu maire de Vic, le village de 530 habitants vivait comme au Moyen Âge : ni eau courante, ni égouts, ni service des ordures ménagères, ni chemin rural carrossable. Il a donc fallu, avec mes différentes équipes, « tout » réaliser et, ainsi, pour le bien-être et la santé de ses habitants, engager notre village dans l’ère moderne.

Je me demande donc quel critère a été retenu pour valider cette proposition :

Est-ce la durée du mandat d’Arthur Jeanjean (27 ans) et, si oui, le temps passé en mairie constitue-t-il, à lui seul, une raison valable ? (Pour ma part, je suis resté Maire 34 ans et n’ai jamais eu nulle prétention à un tel hommage a posteriori)

Y aurait-il un nouvel événement qui prévaudrait et lequel, surtout si longtemps après sa disparition, survenue il y a 55 ans ?

A moins que la famille n’ait, comme je le pense, attendu un maire complaisant, alors que ses prédécesseurs n’avaient pas accédé à une telle demande ? (Ce maire actuel me paraît oublier, permettez-moi de le souligner, que son père, Gérard Ferrier, s’était présenté aux élections municipales de 1959 contre le lauréat A. Jeanjean…)

Madame le Maire, je pense sincèrement que vous avez engagé le Conseil Municipal dans une véritable impasse :

– aucun critère objectif pour valider cette décision ; elle est démagogique et illogique,

– la place de l’église est la place de l’église et rien d’autre !

– où allons-nous ? Pourquoi ne pas débaptiser toutes les rues principales pour leur donner le nom de tous les maires successifs ?

Je suis résolument hostile à cette décision : elle ne va qu’accroître la zizanie dans notre village qui, depuis votre élection, est partagé, désuni, méconnaissable.

Je ferai en sorte de diffuser ce courrier afin d’en donner connaissance à tous les habitants de Vic.

Auparavant, je me permettrai de vous donner un conseil : celui de ne pas écouter les personnes rancunières, malveillantes et méchantes et de vous méfier de l’effet boomerang.

Acceptez, Madame le Maire, mes salutations distinguées.

3 ) Courrier adressé à Vic Info Convivialité et à sa présidente ainsi qu’à M. Georges Debaille par Madame Henry Christine, née Jeanjean

Vic, le 10 mars 2016
                                                 Mesdames, Messieurs,
                                                 Monsieur l’ancien Maire,

A la lecture du courrier d’abord confidentiellement distribué dans quelques boites à lettres judicieusement sélectionnées et désormais plus largement diffusé sur votre site, je ne puis plus rester sur ma réserve et sur ma position coutumière : « Le silence est d’or ».
Et je vous prie de bien vouloir mettre en ligne mon « droit de réponse » qui n’engage que moi.
Qui suis-je ? Qui connaît Christine HENRY à Vic ? Pas grand monde !
Occupée par ma vie de famille et mes activités professionnelles à l’extérieur, je me montre peu. Ici, chez moi, je n’aspire qu’à la quiétude.
Je salue les personnes de ma connaissance, respecte au plus haut point tout un chacun et attends de même en retour.
Pour cette raison, je ne me mêle pas des « querelles de clocher » et ne m’en suis jamais mêlée. Cela ne m’intéresse pas, ce n’est pas constructif.
Pourtant, je suis native de Vic, attachée à mes racines ; mon nom de jeune fille est JEANJEAN.
Aujourd’hui, certaines phrases fortes du susdit courrier désormais largement diffusé me heurtent profondément et je tiens à exprimer mon désappointement… non pas à mon égard mais celui de ma famille.
Je ne peux parler d’Arthur JEANJEAN, mon arrière-grand-père, Maire de Vic de 1935 à 1962. Je ne l’ai pas connu.
Par contre, dans une petite communauté comme la nôtre où tous ont grandi ensemble, quel manque de respect envers mon propre père, ses sœurs, ses cousins et cousines !
Comment peut-on oser affirmer ne constater « ni dans son héritage, ni dans sa transmission, aucun fait marquant ou exceptionnel » ?
Je n’insisterai pas sur les nombreuses actions de mon papa lors de son mandat d’adjoint à la communication de 1995 à 2001. Simplement, et pour mémoire, dites-moi donc en quelle année, et grâce à qui, Rhoda SCOTT, renommée internationale du jazz, est venue jouer et chanter à Vic ? Cela n’était-il pas exceptionnel ?
La famille a-t-elle fait la demande de voir honorer la mémoire de son aïeul ? Sans doute oui. Il est là simplement question de respecter notre « devoir de mémoire » vis-à-vis de notre ancêtre qui fit certainement « son possible » durant ces pénibles années d’avant et après-guerre.
Enfin, je m’insurge lorsqu’il est question, en conclusion de cette lettre, je cite : de « personnes rancunières, malveillantes et méchantes »… Qui, à ce jour, est-il/ sont-ils rancunier(s), malveillant(s) et méchant(s) ?…
Ces quelques points abordés, si je m’exprime aujourd’hui, c’est pour que mes enfants et ceux de mes cousins et petits-cousins n’aient aucun doute au sujet de leurs « anciens », toutes générations confondues, et continuent de parcourir les rues de leur village la tête haute.

Mesdames, Messieurs, Monsieur l’ancien Maire, soyez raisonnables et cessez donc cette polémique stérile ; quant à moi, l’affaire est close.
En conclusion, là est l’essentiel de ma réaction, je regrette autant de « petitesse » et de manque de valeurs dans notre petit microcosme vicois.
J’espère profondément que les générations montantes et futures adopteront une attitude plus intelligente et plus conciliante dont le Monde en son entier a bien besoin.
Recevez, Mesdames, Messieurs, Monsieur l’ancien Maire, mes salutations les plus … respectueuses
                                                                                           Christine HENRY
Copies à Madame le Maire et son Conseil Municipal ainsi que dans quelques boites à lettres de mon choix.
 

4 ) Réponse faite à Mme Henry par la présidente de Vic Info Convivialité, Mme Josiane Baudier

Madame Josiane Baudier

Présidente de V.I.C.

(Vic Info Convivialité)

À Madame Christine Henry

                                                                                    Madame,

C’est avec un très grand intérêt que j’ai lu votre courrier et je vous en remercie.

Je le transmettrai à mes coéquipiers, pour décider démocratiquement si nous le publions sur notre site, comme vous le demandez, en tant que droit de réponse.

Je peux comprendre que la lettre de monsieur Debaille vous ait interpellée mais non pas qu’elle vous ait heurtée.

En effet, nous nous sommes assurés qu’elle restait polie et de bonne tenue. Vous nous faites grief de l’avoir publiée. Je m’en étonne car nous avons pour ligne de conduite de n’accepter aucun courrier nauséabond ou diffamatoire. Je crois alors comprendre que vous avez pensé que les termes de personnes « malveillantes », «  rancunières » et « méchantes » s’appliquaient à votre famille, puisque vous évoquez un manque de respect envers elle. Nous regrettons profondément cette méprise totale et nous tenons à vous détromper car nous savons, de source sûre, qu’ils ne visaient aucun des membres de la descendance de M. Arthur Jeanjean mais certaines gens, qu’il ne m’appartient pas de nommer ici, mais qui ne vous sont pas du tout apparentées.

En ce qui concerne l’équipe de V.I.C., ce n’est pas le fait que l’on donne à une place ou une rue le nom de votre arrière-grand- père qui nous a émus, mais l’endroit choisi par la municipalité. C’est un peu comme si, à Paris, la place de la cathédrale Notre- Dame était soudain baptisée du nom de quelque Président de la République que ce soit.

Nous ne doutons pas une seconde que vous et votre famille soyez respectables et respectés. S’ils le sont par la population, ils le sont aussi par les membres de notre association.

Jamais notre intention n’a été d’insulter le nom de Monsieur Arthur Jeanjean ni de nuire aux personnes de sa lignée.

En revanche, notre association, comme vous le savez, s’appelle VIC INFO CONVIVIALITÉ. Donc nous informons et nous permettons aux personnes qui le souhaitent de faire part de leurs sentiments et de leurs réflexions sur ce qui se passe dans notre village. C’est ainsi que nous avons publié la lettre de monsieur G. Debaille au maire et que nous accepterons vraisemblablement de faire de même avec la vôtre, sans rien y retoucher.

Je terminerai, en vous remerciant de votre visite pour me faire part de votre réaction et me donner ce courrier. Vous y dites : « le silence est d’or ». Peut-être en certains cas, mais pas toujours, loin de là. Personnellement, je pense que les échanges et les discussions dépourvues d’agressivité sont constructives, bénéfiques car elles offrent d’autres points de vue et permettent de faire avancer les choses.

Je vous prie de croire, madame, ainsi que toute votre famille, en mon nom propre et celui de chacun des membres de l’équipe de V.I.C., en nos sentiments respectueux.

Josiane BAUDIER

Présidente de V.I.C.

Une copie sera envoyée à madame le Maire et son conseil municipal

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s