Noël

d-un-sapin

Noël : des rues illuminées, des vitrines scintillantes, des guirlandes multicolores, des sapins décorés, des friandises, des cadeaux et des chants.

Noël : un traîneau tiré par des rennes et, dessus, un vieil homme barbu, tout de rouge vêtu, qui sillonne le monde. La nuit venue, il descend par les cheminées, apporter aux enfants « des jouets par milliers ».

Noël : le réveillon, le bon repas, la fête, le Champagne et les vins excellents, le foie gras… les huîtres… la langouste… l’oie rôtie ou la dinde… et la bûche au dessert.

Noël : la chaleur du foyer, l’enfant émerveillé, les proches réunis, l’aïeule aux yeux ravis, les amis rassemblés, la joie des retrouvailles, le miracle d’aimer…

Noël : l’esprit d’enfance, l’accueil, la bienveillance, la porte ouverte à l’esseulé, l’attention à l’exclu, à l’étranger, le frère humain à qui l’on tend la main, le partage, le don, le supplément d’humanité…

Noël dit douceur et paix, Noël dit tendresse. Portant en lui de l’ineffable et du sacré, il recèle quelque chose d’inaltérable et beau, de fabuleux et d’inouï, de merveilleux, d’unique.

Unique et qui revient au bout de chaque année… Noël vient balayer la grisaille des jours et la morosité des temps incertains, déposer dans les cœurs ses touches délicates d’espérance, de joie et de désir de paix, de réconciliation, de générosité …

Noël est une fête chrétienne dont le nom vient du latin natalis (natal), qui a donné, par exemple, Natale en italien, Nadal en occitan et catalan. « Noël » signifie jour de naissance (dies natalis). Noël célèbre la Nativité, l’humble venue au monde de Jésus, à Bethléem, en Palestine, avec pour maison une étable, une mangeoire pour berceau. Selon le christianisme, s’accomplit à Noël, dans une crèche, le Mystère de l’Incarnation : Dieu se fait homme et vient ainsi manifester son amour inconditionnel pour tous les êtres humains. Noël exprime joie et espérance.

Célébrer un anniversaire de naissance relevait d’une tradition païenne et non juive. Noël donc n’existait pas au début du christianisme. Alors, quand l’Empire christianisé voulut fêter la naissance, à Bethléem, de Jésus de Nazareth, il choisit la date significative du 25 décembre pour sa portée symbolique. Dans le calendrier julien alors en vigueur, c’était l’époque du solstice d’hiver, celle où se fêtait le Sol invictus, (le soleil invaincu). Cette période où, peu à peu, le jour prend le pas sur l’obscurité, devenait idéale pour célébrer la venue de Jésus, Lumière du monde. A ce moment de l’année, les fêtes romaines qui se déroulaient, les Saturnales, étaient extrêmement populaires. Organisées en l’honneur de Saturne, elles offraient l’occasion de réjouissances abondantes : plaisirs nombreux, amusements divers, jeux, festins somptueux, cadeaux, maisons décorées. Les barrières sociales tombaient : les esclaves avaient toute licence pour agir et parler comme il leur plaisait, fût-ce contre leurs maîtres, et pouvaient se faire servir par eux … Quand, plus tard, furent interdits les cultes païens, la fête chrétienne de Noël, ayant absorbé un certain nombre de leurs éléments, les avait supplantés.

Progressivement Noël se répandit dans toute l’Europe médiévale.

Au XIIème siècle, on joue des « mystères » sur le parvis des églises, au XVème apparaissent les crèches d’église (Italie) , au XVIème, c’est au tour de l’arbre de Noël (Allemagne) rappelant l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. Ensuite viendront les crèches familiales, les napolitaines, les provençales avec leurs « santons » (petits saints en langue occitane provençale). Nombreuses, au cours des siècles, ont été et seront les œuvres picturales et sculpturales représentant la Nativité, que l’on ne peut comprendre et apprécier qu’en référence aux textes chrétiens.

Ce n’est qu’au XIXème siècle que, popularisée par les États Unis d’Amérique, apparaîtra la figure du vieux bonhomme débonnaire, qui, quoiqu’il emprunte des traits à Saint Nicolas, n’appartient pas à la tradition chrétienne mais qu’on ne présente plus : le fameux Père Noël.

Noël, chaque année, continue de remplir les églises, d’y faire résonner les cantiques les plus beaux. Mais, largement laïcisé, il devient patrimoine de tous, croyants et non croyants. Chacun le fête à sa façon mais on le fête avec d’autres. Car son plus beau mérite est d’offrir l’occasion de se rassembler, se rapprocher, se réconcilier, se réjouir, donner, recevoir, accueillir, partager, grandir en humanité et donc, pour quelques jours, quelques heures, un instant, de réenchanter nos vies…

Joyeux Noël à tous !

Françoise Potet-Legros

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