Terre des hommes et gens sans terre

Et si, en ces temps de Salon de L’Agriculture, on parlait un peu de terre et de paysans ?

Dans le monde, en seulement une décennie, des terres ont été accaparées, pour l’élevage, par des firmes de pays riches.
Où ça ? Aux Philippines, au Soudan, au Mozambique, en R.D.C., dans des pays en voie de développement…
Beaucoup de terres ? Ben… quand même ! Pas moins que l’équivalent de la superficie de l’Italie !
Dans des pays aux forêts peu peuplées, « on » défriche. Dans d’autres, « on » chasse les gens : au Mozambique, quelque 500 000 familles ont été déplacées afin de permettre aux Émirats Arabes Unis d’acheter 600 000 ha de terres. Ailleurs, parfois, on fait encore moins dans la dentelle : des paysans sans terre sont assassinés (ex. au Brésil) ou des journalistes sont envoyés méditer tranquillement… en prison.
On alléguerait un « investissement responsable ». Responsable, mon œil ! Responsable de quoi, sinon de ce qui paraît bien être de la spoliation ?
Et pourtant, les pauvres, quand on les aide, ils arrivent, eux, à sauver leurs terres (Madagascar, Mali) ou à empêcher (au moins en partie) qu’une méga plantation de palmiers n’assassine la forêt tropicale (Cameroun) !

Ce néo-colonialisme, qui agit via des sociétés écrans, des groupes de capital-risque, des fonds d’investissement, etc., sévit sans aucun complexe. Aucun !
On ne bronche pas trop. Pensez-vous, cela se passe si loin de nos frontières ! Loin, certes, mais le danger se rapproche… Il arrive ! Il est là.
En France, 1700 ha de terres agricoles ont été achetés, en toute discrétion et non moins légalement, par une société chinoise.
Elle n’a pas acquis les 100% des parts sociales. Non, elle s’est contentée de 98 % « seulement »… Mais voilà qui empêche tout droit de regard de la SAFER ! Et d’un !
En outre, le prix offert, bien supérieur à celui du marché va contribuer à déréguler le foncier. Et de deux !
Emmanuel Hyest (agriculteur, membre du C.A. de la FNSEA et président de la FNSAFER) alerte : on ouvre ainsi la voie à la spéculation et à la financiarisation, ce qui, selon lui, « menace la compétitivité de l’agriculture française ainsi que l’installation de jeunes agriculteurs » et met en danger l’autonomie alimentaire du pays. Et de trois !

Et… cette belle histoire, elle s’est passée où ?
Chez nous, en Berry, dans l’Indre ! Non, non, non ! Vous n’avez pas mal lu et on n’a pas mis de « r » en trop. Pas l’Inde ! L’Indre…

F. P-L

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