Mai

« Le mai le joli mai en barque sur le Rhin… » chantait, en 1913, Guillaume Apollinaire.

C’est un fait : qu’il fleurisse sur les rives du Rhin, du Tage ou de la Volga, de la Tamise ou du Danube, du Tibre, du Douro ou de la Seine, de… que sais-je encore ? le mois de mai est un mois bien-aimé.

Apportant en cadeau ses odorantes et si jolies clochettes blanches, il commence par la fête internationale du travail, instaurée en 1889 et appelée, à l’origine, fête « des travailleurs », en mémoire de la grève généralisée du 1er mai 1886, aux États-Unis et des tragiques événements du 3 mai, à Chicago, où manifestaient 10 000 ouvriers de Mc Cormick.
Son nom, on le devrait à la déesse grecque, puis romaine, Maïa, l’aînée des sept Pléiades. Maïa, fécondée par ce grand séducteur impénitent de Zeus, donna naissance à Hermès. Pour les curieux, c’est à elle – affectueusement appelée « petite mère » – que l’on doit le nom de maïeutique, cet art de faire accoucher les corps (sens propre) comme les esprits (voir Socrate). Étonnamment, les Romains considéraient ce mois comme défavorable au mariage car, selon eux, sous la coupe d’esprits malins. Cette superstition semble avoir survécu si l’on en croit certains dictons. Citons à titre d’exemple : « Mariages de mai ne fleurissent jamais. »

D’autres assurent que le nom de ce mois fut choisi par le premier roi légendaire de Rome, son fondateur Romulus, en l’honneur des majores, les sénateurs.

Pour les chrétiens catholiques, mai est appelé « le mois de Marie » car il est consacré à la Vierge.

Si nous voulions parler un peu de météo. nous entendrions souvent la ritournelle : « En avril /Ne te découvre pas d’un fil. / En mai/ Fais ce qu’il te plaît. » Faire ce qu’il nous plaît serait oublier un peu vite trois saints, dits « de glace », aux prénoms peu « glamour » : les fameux Mamert, Pancrace et Servais (respectivement remplacés sur le calendrier par Estelle, Achille et Rolande) incarneraient les dernières froidures, les ultimes gelées, aux environs des 11, 12 et 13 mai.

Enfin, certains nostalgiques de la fin des années soixante, à qui ce mois rappellerait une époque où la contestation s’éprenait de liberté et d’idéal, pourront relire avec plaisir les derniers vers de Paris mai,  de Claude Nougaro :

« Là- bas brillent la paix, la rencontre des pôles
Et l’épée du printemps qui sacre notre épaule

Gazouillez les pinsons à soulever le jour
Et nous autres grinçons, ponts-levis de l’amour

Mai mai mai Paris mai
Mai mai mai Paris. »

F. P-L

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