« On fait tous caca. »

« On fait tous caca », chante Giedré (qui, sous ses faux airs de poupée bien sage, nous provoque avec ses chansons « trash »).

C’est un fait qu’on échappe difficilement à cette nécessité vitale, sous peine de graves problèmes de santé… Mais les conditions, pour ce faire, sont loin d’être idéales pour tous et la conséquence de certaines conditions est terrible ! Nous y reviendrons. D’ailleurs le 19 novembre n’est-il pas la Journée Mondiale des Toilettes ?

Ne (sou)rions pas ! Dans les campagnes de pays en voie de développement ainsi que dans les zones d’habitat précaire de villes où se sont développés des quartiers plus ou moins (in)organisés, les gens ne peuvent déféquer dans des toilettes décentes. C’est le cas de 2,4 milliards d’êtres humains, soit de 38% de la population mondiale !

En Inde, par exemple, 560 millions de personnes sont contraintes à faire leurs besoins dans la nature… Bannis les charmes de la défécation « champêtre »: pour ces populations, soulager ses intestins relève d’un véritable combat au quotidien… De plus, quand latrines il y a, les trous ou les fosses septiques ne sont pas régulièrement évacués et, quand ils le sont, tout n’est pas retraité : ce sont donc les rivières qui accueillent une bonne partie des matières fécales… S’ensuit alors l’affreuse équation : eau insalubre + absence d’hygiène = 314 000 enfants de moins de cinq ans qui meurent pour cause de maladies diarrhéiques.

L’O.N.U. prévoit un accès universel à l’assainissement à l’horizon 2030.

L’objectif est louable mais on peut craindre – et regretter – qu’il ne soit trop ambitieux. En effet, 10 fois plus de ressources sont consacrées à l’eau par les pourvoyeurs d’aide plutôt qu’à des installations sanitaires.

Pourtant, disposer de latrines dignes participe de l’accès à une vie décente. L’association Aide et Action s’est faite l’écho, il y a quelques mois, de la joie des habitants d’un village d’Afrique qui ont tous posés pour la caméra devant… leurs toilettes flambant neuves. Cela ne doit pas prêter à rire mais nous renvoyer plutôt à la chance que nous avons, nous qui pouvons chanter, goguenards, « on fait tous caca ».

Des pays moins favorisés que, par exemple, le nôtre, connaissent de réelles difficultés liées à l’assainissement.

Une des raisons pourrait en être celle d’un mélange de gêne et de respect humain : on peut trouver difficile, délicat, incongru d’évoquer, au sein de la « majestueuse » assemblée de l’O.N.U., une question qui semble taboue, à savoir ses problèmes de toilettes. Une autre raison serait, peut-être, liée au fait que l’accès aux réseaux est réalisé par les services publics et non grâce à des initiatives personnelles.

En 2050, si, dans le monde, les infrastructures ne se développent pas au rythme de la croissance urbaine, ce ne seront pas 2,4 milliards d’êtres humains qui seront privés d’accès à des toilettes dignes de ce nom, mais 3 milliards !

Nombre effrayant, inacceptable…

F. P-L

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