Seniors, retraités

A l’évidence, le Président et le gouvernement n’aiment guère les retraités.

Ils les voient comme un fardeau pour l’État, les trouvent inutiles et onéreux.

Pour leur faire comprendre qu’ils doivent participer à l’effort national (comme si, lorsqu’ils étaient actifs, ils s’en étaient dispensés !) ils continuent de bloquer les retraites et, mieux, ils les surtaxent…

Pourtant les retraités, s’ils ne produisent plus, consomment et, ce faisant, servent l’économie du pays. Moins d’argent pour eux, ce sera moins de consommation, moins d’autonomie et un coût accru pour la collectivité. Est-ce là un bon calcul ?

On relègue les « vieux » sur le banc de touche, sans considération aucune de l’exemplarité de leur carrière ainsi que de leur contribution d’actifs à l’effort national…

A cela, on ajoute une nouvelle couche ; après la CSG supplémentaire, on crée une division à Pôle Emploi : on n’est plus senior à 50 ans mais à 55. Résultat d’une cure de jouvence subite ? Non ! On économise encore pour « redonner » aux jeunes travailleurs, dit-on… Dit-on…

Sans aller jusqu’à exiger des égards de la part de nos dirigeants, les retraités estiment que ces derniers pourraient, à tout le moins, les regarder avec bienveillance : viendra un jour où ce seront eux, les vieux…

J-F. Lopez

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Dresser les générations les unes contre les autres, sous couleur d’effacer une pseudo-injustice, en cornant aux jeunes que les retraités sont des privilégiés, par rapport à eux, est plus que contre-productif : c’est une aberration ; pire : un non-sens et une iniquité.

D’abord, on sait tous que les « vieux » aiment les jeunes et que les solidarités jouent à plein régime : dans les familles, les grands-parents mettent très souvent la main au porte-monnaie pour les enfants et petits-enfants ; dans la société, les seniors s’impliquent considérablement pour apporter une aide matérielle, intellectuelle, morale à leurs jeunes ou moins jeunes concitoyens.

En outre, on oublie que la retraite n’est pas un droit mais un dû, que les retraités d’aujourd’hui ne sont pas des nantis mais qu’ils représentent les actifs d’hier, ceux qui ont travaillé, élevé des enfants, cotisé, payé des impôts et contribué à la richesse du pays. Actifs, ils ont même assez longtemps payé la vignette automobile, impôt de solidarité créé en 1956 pour venir en aide aux « vieux travailleurs ».

De plus, on ne se souvient pas que, pour nombre d’entre eux, la durée légale du travail n’était pas de 35 heures comme c’est le cas depuis 2000. Bien que le Front Populaire eût voté, en 1936, les 40 heures hebdomadaires, les travailleurs des années soixante (et bien sûr cinquante) connaissaient des semaines de travail de 45 à 46 heures. Ils n’avaient droit qu’à 3 semaines de congés payés (un progrès par rapport à leurs aînés, qui en avaient obtenu 2 en 1936) avant de passer à 4 en 1969. Ces « fainéants » n’ont-ils pas un peu mérité de se reposer ou de vaquer à d’autres occupations ?

Enfin, d’aucuns leur reprocheraient d’être propriétaires de leur habitation. Un comble : n’est-ce pas légitime à cette étape de leur vie, après les efforts consentis durant leurs années d’activité pour acquérir un toit ? Pour beaucoup, les taux d’intérêt des emprunts, guère « intéressants », les obligeaient même à rogner sur de modestes loisirs qui ne les amenaient pas au bout du monde mais dans un camping de l’hexagone…

Avec une pension moyenne de 1376 euros bruts mensuels en 2015, peut-on prétendre que les retraités roulent sur l’or ? Même si cette pension moyenne a augmenté en 2015 de 0,5% pour les hommes et de 1,1% pour les femmes peut-on continuer à s’en prendre aux retraités, à les montrer du doigt comme s’ils n’étaient que de mauvais citoyens égoïstes et privilégiés ? 560 000 d’entre eux touchent le minimum vieillesse…

Il est vrai que, pour notre président, on est « riche » à partir de 1200 €…

Pour autant, nous ne minimisons pas les « galères » vécues par certains jeunes. Elles nous interpellent et nous horrifient. Elles déshonorent notre société, comme nous déshonorent toutes formes de pauvreté ou de misère, en ce premier quart du XXI ème siècle. Aussi les seniors sont-ils souvent en première ligne pour agir.

Ne nous trompons donc pas de cibles : retraites étriquées et précarité des jeunes, même combat !

Quant aux retraités « ordinaires », qui ne touchent pas , eux, de pensions indécentes et qui sont juste un peu plus à l’aise qu’autrefois, n’ont-ils pas gagné, par leurs décennies de travail, ce droit ?

Pour sûr, ils sont « riches »… Par rapport à leur vie antérieure d’actifs, ils jouissent d’un luxe inappréciable : une perception différente du temps , peut-être plus authentique, et sa gestion plus sereine et plus libre…

F. Potet-Legros

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Une petite « réflexion » amusante circule sur le Net.

Au-delà de l’humour, elle dit un certain sentiment de saturation. La voici :

  • Jeune, je payais la vignette auto pour les vieux.
  • Par la suite, on me prenait le lundi de Pentecôte pour les vieux.
  • Maintenant que je suis vieux on me prélève 1,7% de CSG pour les jeunes.

J’ai comme un malaise…

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