Totalitarisme

En ces temps d’intense prurit de pouvoir absolu, certains chefs d’État semblant, çà et là dans le monde, furieusement démangés par des envies d’emprise totale, par le désir de régner en maître et de tout contrôler, essayons de réfléchir, à notre petite échelle bien sûr et au vu de ce que nous apprit l’Histoire, à ce qu’est le totalitarisme.

Le totalitarisme n’est pas à réduire au simple autoritarisme. Il est bien plus que cela, et bien plus dangereux !

En effet, un régime totalitaire bafoue complètement la notion d’état de droit, il en méprise les règles institutionnelles, il vise à une domination sans bornes, il accapare la totalité des pouvoirs. Il prétend tout gérer : affaires publiques comme affaires privées.

Pareil régime ne supporte aucune opposition. Il confisque toutes les activités de la société et détient tous les rênes de l’économie.

Il s’appuie sur une idéologie, qu’il impose : il prescrit une représentation obligatoire et inéluctable du monde qui vise et qui parvienne à exclure toute réflexion personnelle sur la vie et sur son sens. Il est violent intellectuellement et dicte une seule loi, la sienne. Il prend appui sur la communication, laquelle est utilisée à des fins de propagande et d’embrigadement et organise le culte du chef, forcément présenté comme « charismatique ».

Le totalitarisme s’emploie à déposséder l’individu du sens de l’histoire, il éteint en lui toute réflexion personnelle, lui fait perdre toute notion de liberté et l’oblige à ne se voir que comme un simple rouage du système.

Outre l’idéologie, le totalitarisme utilise un autre ressort, celui de la terreur. Grâce à des réseaux de surveillance, toute la population est sous contrôle : le régime surveille tous les individus. S’installe, de fait, une suspicion généralisée et se développent les mouchardages, la délation… Alors est entièrement détruit ce qui fonde et constitue la société humaine, à savoir les liens interpersonnels, les relations libres entre ses membres…

C’est à la philosophe Hannah Arendt que nous devons une analyse fine du phénomène totalitaire. Selon elle, il est lié à une profonde crise culturelle et mémorielle, crise qui conduit à la perte du sens de la tradition et au refus de la transmission.

Selon la philosophe, on ne peut écarter la tentation du totalitarisme qu’en créant les conditions de la démocratie, à savoir en ouvrant un espace public de discussion, où s’exprime une pensée qui soit à la fois rigoureuse, accessible à tous et soumise à la critique réfléchie.

Frantigone

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