Nous ne sommes pas des « bourougnes », suite (2)

Et si nous continuions un peu nos devoirs de vacances ? Allez, courage !

En face est suivi de DE !

Dans le Sud, on entend dire parfois : « il habite en face l’épicerie ». C’est incorrect : il habite en face de l’épicerie.

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– N’attendez pas UNE demi-heure pour vous corriger !

Dans le Sud toujours, le déterminant article indéfini disparaît devant « demi », notamment avec « heure ». On entend donc des : « Je reviens dans demi-heure » au lieu de « UNE demi- heure ». C’est un occitanisme : on décalque de l’expression occitane qui omet le déterminant article : « dins mièja ora »

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– « Mettre à jour » n’a rien à voir avec « mettre au jour » !

Mettre à jour = mettre en règle, en ordre pour éviter le retard, actualiser (mettre à jour son agenda, ses connaissances, un règlement…)

Mettre au jour = sortir de son enfouissement dans la terre, exhumer, découvrir (mettre au jour des vestiges) /et par extension : donner naissance/ divulguer, révéler.

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Ne pas confondre à nouveau  et de nouveau

 De nouveau  signifie une nouvelle fois (synonyme = derechef). On fait quelque chose une nouvelle fois mais de la même manière.

A nouveau, lui, signifie d’une nouvelle façon, d’une façon tout à fait différente.

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– Ne pas confondre non plus ne pas être sans savoir  et ne pas être sans ignorer !

Ils sont antinomiques.

« Ne pas être sans savoir » signifie savoir.
En effet, « sans savoir » = ignorer. Vous n’êtes pas sans savoir = vous n’êtes pas ignorant donc vous savez.

« Ne pas être sans ignorer » signifie ignorer.

« Sans ignorer » = savoir. Vous n’êtes pas sans ignorer = vous n’êtes pas quelqu’un qui sait, donc vous ignorez.

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Un escalier se compose de plusieurs marches.

Vous ne montez pas les escaliers, vous montez les marches ou vous montez l’escalier.

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Impacter, emprunté à l’anglais, est mis à toutes les sauces ad nauseam ; il en devient insupportable

On peut user de bien d’autres verbes ou expressions. Juste quelques exemples : La grêle a touché/ dévasté/ravagé le vignoble/elle est tombée/ s’est abattue sur les vignes. Son intervention a eu une incidence sur la décision, l’a influencée. La hausse du prix des carburants s’est répercutée/ a eu des effets, des répercussions/ a retenti / sur le budget des ménages. Etc.

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Alternative (alter = autre) contient l’idée de deux choses, souvent opposées d’ailleurs.

Il faut donc parler d’alternative au singulier. Exemple : Voici l’alternative devant laquelle je me trouve : aller à la plage avec Jules ou au cinéma avec Théo.

Au pluriel on évoquera deux éventualités : la plage et le cinéma sont deux éventualités et non deux alternatives !

« Double alternative » et « autre alternative » sont à bannir expressément.

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Détonner et dénoter. Et détoner

détonner = chanter faux, ne pas être dans le ton, ne pas être en harmonie / produire un contraste désagréable.

dénoter = être le signe de, indiquer, marquer quelque chose

Lorsque quelqu’un chante faux ou n’est pas trop à sa place, pas en harmonie avec les autres, il ne dénote pas, il détonne.

Détoner, lui, = produire une détonation, un bruit violent.

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Démarrer, débuter et commencer.

A la différence de commencer, débuter et démarrer se construisent sans complément d’objet direct. Ni on ne débute ni on ne démarre quelque chose !

On ne débute pas un programme, on ne le démarre pas, on le commence.

Et, en ce cas, le programme démarre ou il débute.

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Disputer.

On ne dispute pas son enfant : on le réprimande, on le gronde, etc. « Disputer quelqu’un » est incorrect. L’enfant ne s’est fait pas fait disputer mais gronder, réprimander, admonester, morigéner, tancer, sermonner, chapitrer, et, familièrement, houspiller, enguirlander, engueuler, etc.

On peut se disputer AVEC quelqu’un. Et se fâcher ou non.

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– « Voire même » est ressenti comme incorrect. Évitons-le.

Si l’on prenait « voire » dans son acception ancienne de « vraiment » ou d’un oui atténué, on pourrait le faire suivre de « même » mais ce sens est archaïque voire littéraire. Aussi, comme généralement on ne garde de « voire » que le sens de « même », bannit-on comme pléonastique l’emploi du « voire même ».

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– Autre pléonasme : n’en déplaise à Richard Anthony vantant jadis son « sirop Typhon », une panacée est un remède universel (pan en grec = tout). L’expression universelle panacée est incorrecte, panacée suffit bien.

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Pallier se construit sans la préposition à. On peut trouver des palliatifs à quelque chose mais on ne pallie pas à  quelque chose! On pallie quelque chose.

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Près de et prêt à

Ne pas dire « elle n’est pas prête de l’oublier » mais « elle n’est pas prête (disposée, préparée) à l’oublier.

On peut dire aussi « elle n’est pas près de l’oublier » (elle ne s’approche pas de l’oubli).

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– On ne doit pas dire : « donne-moi le, donne-moi la, donne-moi les.

Ni « dis-moi le, dis-moi la, dis-moi le »

Mais : « donne-le moi, donne-la moi , donne-les moi ». Ou « dis-le moi, dis-la moi, dis-les moi »

En français (à la différence de l’espagnol) le pronom personnel complément qui doit suivre le verbe est obligatoirement le complément d’objet direct le/la/les.

Dites-le nous correctement désormais.

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Se rappeler et se souvenir sont synonymes mais ne se construisent pas de la même façon.
Se rappeler se construit directement (sans préposition) comme appeler.

Donc on se rappelle quelqu’un ou quelque chose, on se les rappelle. On ne s’en rappelle pas. Je me rappelle les beaux jours. Les beaux jours que je me rappelle

Se souvenir se construit indirectement, on se souvient DE. « Je me souviens des jours anciens …» (Verlaine). Il s’en souvient.

Ce QUE je me rappelle = ce DONT je me souviens.

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Chaque, déterminant, adjectif indéfini, détermine un nom singulier.

1 – On dit « chaque semaine ». Mais « chaque quinze jours » est incorrect. Dites : tous les quinze jours.

2 – En qualité de déterminant du nom, il doit présenter, précéder un nom et ne peut donc être employé seul. Ne pas dire « ils coûtent dix euros chaque » mais « ils coûtent dix euros chacun » (chacun = pronom indéfini).

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– Quand causer signifie parler, attention !

On parle à quelqu’un ou avec quelqu’un mais on ne cause jamais à quelqu’un, on ne lui cause pas. On cause AVEC quelqu’un.

Finis les « J’te cause pus. » → Je ne te parle plus.

« Causer à quelqu’un » existe mais il s’agit d’un autre verbe signifiant « être cause de». Ainsi peut-on, tout à fait muettement, causer à quelqu’un des ennuis…

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Merci de votre attention et à une fois prochaine (sans interro. écrite !) 

F. P-L

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