Nous ne sommes pas des « bourougnes » ( suite 3 )

Voici quelques petites choses à ne pas dire

1 ) Abasourdi, ne se prononce pas « abassourdi », mais bien « abazourdi » ! En effet ce mot n’est pas de la famille de « sourd » (même si abasourdir ressemble un peu à assourdir).

 

2 ) Quand on commence une phrase par « en général », il faut bannir l’adverbe « toujours ». Ne pas dire : «En général, il fait toujours cela ». Soit c’est « en général », donc très souvent, soit c’est toujours !

 

3) Ne pas faire suivre « moindre » de « petit ». Moindre signifie « plus petit » ou « le plus petit ». Ne pas avoir le « moindre petit morceau de pain » est incorrect. Dire : il n’a pas le moindre morceau de pain.

 

4 ) – « Somptuaire » ne signifie pas « somptueux « !

Somptuaire (de sumptus, dépense) signifie « relatif à la dépense ». On l’emploie à propos de lois visant à réglementer les dépenses, à les restreindre (notamment pour édifices, festins, cérémonies, beaux vêtements, produits de luxe, art… Par paronymie (similitude de sons) on lui accorde à tort (notamment dans les médias) le sens de « somptueux » réprouvé par l’Académie. L’expression « dépense somptuaire » apparaît donc comme un pléonasme, puisque « somptuaire » signifie dire relatif à la dépense (qu’il faut diminuer).

Somptueux est issu aussi de sumptus. Mais il signifie admirable, merveilleux, fastueux, splendide, éblouissant de beauté, d’éclat, de grandeur, d’abondance, de magnificence.

5 ) Un magasin achalandé n’est pas un magasin très bien approvisionné, offrant quantité de produits mais un magasin où se pressent de nombreux clients, les « chalands ». Il nous reste à souhaiter à nos commerces vicois, bien fournis, qu’ils soient aussi très achalandés.

6 ) Un avatar n’est pas un ennui, un tracas, une mésaventure. Dans la religion hindouiste un avatar est l’une des dix incarnations du dieu Vichnou.

On peut employer ce nom « avatar » avec le sens figuré de métamorphose, transformation.

(Dans la vie politique, on peut en parler : on voit des exemples d’avatars de certains politiciens…)

7 ) Ne pas dire rabattre les oreilles, mais rebattre les oreilles, avoir les oreilles rebattues.

8 ) Ne pas dire non plus « il faut mieux » pour « il vaut mieux ».

Valoir mieux = avoir plus de valeur, être plus estimable, être plus utile, préférable. « Il vaut mieux tenir que courir » ou « Mieux vaut de ris que de larmes écrire » (Rabelais).

« Il faut » peut être suivi de « mieux » lui-même suivi d’un infinitif car cet adverbe ne s‘applique pas falloir mais à l’infinitif. Il faut = il est nécessaire —> « Il faut (il est nécessaire de) mieux apprendre les leçons » (Mieux apprendre les leçons = ce qu’il faut).

9 ) Que penser des « coupes sombres » ? Ça, ça peut « énerver » !

– Dans un récit, une coupe sombre est comprise comme une suppression importante de mots, de phrases, de paragraphes, donc perçue comme une action affreuse, une véritable mutilation du texte. Or l’expression vient du vocabulaire forestier. Faire des « coupes sombres » dans la forêt, c’est en diminuer l’épaisseur, donc en atténuer l’obscurité : en abattant quelques arbres, on l’éclaircit.

Faire des coupes sombres dans un récit devrait logiquement signifier en ôter quelques phrases ou quelques passages. Rien de bien inquiétant donc.

Mais l’usage donne à cette expression le sens de suppressions importantes ! Peut-être est-ce parce qu’on attribue à « sombre » le sens de lugubre, sinistre, funeste, louche…. Dans ces conditions, rapporté au monde de l’entreprise, quand on entend parler de « coupes sombres », le personnel est en droit de s’inquiéter : on va lui annoncer beaucoup de licenciements…

Ainsi le sens le plus usité s’oppose-t-il au sens premier… ce qui ne veut pas dire que le sens originel ait disparu et soit absent de certains écrits…

– Aïe, aïe, aïe ! On connaît, au moins, un autre mot au destin aussi étonnant, tel « énerver » (« é » <– latin « ex » = hors de + nerfs) qui signifie ôter les nerfs donc amollir, affaiblir, priver de force et d’énergie. Ce sens demeure dans la langue littéraire.

Dans le langage familier, on utilise « énerver » avec le sens d’agacer, d’exciter, voire de surexciter. Quand, fâché(e) vous vous dites « énervé(e), vous n’avez rien d’un plat de nouilles…

– Et que dire aussi de l’expression « faire long feu » ?

Allez, je vous laisse faire vos petites recherches comme des grands…

10 ) Ne pas confondre le masculin et le féminin.

Voici quelques noms qui ne sont pas masculins mais féminins :

Autoroute (comme route) est féminin. L’autoroute est payante. Impasse, espèce, écritoire, immondice(s), oriflamme (aurea flamma flamme d’or), anagramme le sont également : UNE impasse. UNE écritoire. D’affreuses immondices. UNE oriflamme. UNE espèce (« C’est une espèce de robin n’ayant pas l’ombre d’un lopin » écrit Brassens dans Bécassine). Niche est une anagramme de chien, Chine en est une autre.

Quant au nom « vis » (verbe = visser) lui aussi est féminin : UNE vis. Dans le Sud, on entend parfois l’incorrection : « Passe-moi le vis ». LE vice existe mais il recouvre une tout autre réalité…

Voici quelques noms qui sont, eux, masculins :

UN pétale, UN tentacule, UN appendice, UN antre, UN incendie, UN vermicelle, UN hémisphère, UN planisphère, UN apogée, UN testicule.

Allez, pour le « fun », comme on dit en bon franglais, voici quelques autres noms féminins : une mandibule, une azalée, une épitaphe, une alcôve, une scolopendre, de la réglisse, une ecchymose, une éphéméride, une oasis, une octave, une penne (plume et non le pêne de la porte), une épigramme, la primeur (d’un récit), la mathématique (les mathématiques spéciales), l’algèbre ( cette algèbre, celle des polynômes)…

Et quelques noms bien masculins, eux : un astérisque, un obélisque (pensez aux deux Gaulois, le petit et le gros !), un sépale, un emplâtre, un orbe, un hospice, un empyrée, un edelweiss, un arcane, un épilogue, un asphalte (d’excellente qualité), un hyménée, l’amiante (est dangereux), le balustre, le myrte, de beaux chrysanthèmes, un élytre, un intervalle…

NB : Le genre des noms ne doit pas être confondu avec le sexe ! Il y a des tortues mâles et des flamants roses femelles. Et TOUTES les personnes (nom féminin pluriel) que vous connaissez ne sont pas uniquement des femmes !

11 ) Et pour finir, cesser de dire que « EN » se prononce toujours « an »

car il peut se prononcer « in »

C’est le cas dans les verbes : je tiens (tiendrai), retiens, obtiens, détiens, contiens, soutiens, entretiens, je viens (viendrai), deviens, reviens, surviens, interviens, me souviens …

Aznavour ne chantait pas : « Vians voir les comédians, voir les musicians, voir les magicians »

Vous vous promenez avec votre chien. Vous êtes ou non le doyen.

Vous apportez votre soutien. Vous mangez des pruneaux d’Agen (avec l’agent).

Vous avez passé des examens et parfois avez perdu tous vos moyens.

Vous notez vos rendez-vous dans votre agenda.

Certains habitent à Saint-Ouen (d’autres à Rouen).

Le nom du troubadour Bernard de Ventadour, ne se prononce pas « van »

C’est ainsi, on n’y peut rian , pardon, rien !

A bientôt, si vous le voulez bian, euh… bien !

F.P-L

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