Du « ruissellement » et de « l’esprit gaulois »

Force est de constater que les politiques mises en œuvre par le gouvernement actuel sont catastrophiques pour les Français, du moins pour les plus vulnérables.

Sans vouloir faire un mauvais jeu de mot, le « ruissellement », ô combien d’actualité au sens propre, inonde favorablement, au sens figuré, ceux qui en ont le moins besoin !

Faisons le point :

– La suppression de l’impôt sur les grandes fortunes (3,2 miliards d’euros),

– les 20 milliards restitués aux grandes entreprises,

– les 28 milliards d’exonération de cotisations sociales (80 % pour les très grandes entreprises)

                                                            font un total de 51,2 milliards d’euros en moins dans les caisses de l’État…

Ces milliards devront être compensés par des recettes nouvelles. Vous aurez certainement remarqué que les Français, et notamment les personnes âgées, sont priés de mettre la main au porte-monnaie…

Pendant ce temps :

– La richesse des 500 premières fortunes françaises a fait un bond considérable (de 30%) en passant de 100 à 130 millions d’euros en 1 an !

– Au sommet de la pyramide, la richesse des milliardaires a été multipliée par 3 en 10 ans

– et 32 milliardaires français possèdent désormais autant que l’ensemble des 42 % des Français les plus pauvres, soit que 26 millions de personnes.

– Les entreprises du CAC 40 (la Bourse), qui possédaient, en 2010, 13 % de la richesse en France, aujourd’hui, en possèdent 33 % !

– Un milliardaire français, actuellement 4ème fortune mondiale, gagne, en une seule seconde, le minimum vieillesse (650€ pour un mois). Oui, en termes de « revenus », 1 seconde de l’un = 1 mois de l’autre…

A contrario,

– 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Où ? En France.

– 2 millions de salariés sont pauvres. Où ? En France.

– 1 enfant sur 3 est pauvre. Où ? En France.

– 3,5 millions de personnes survivent grâce à l’aide alimentaire. Où ? En France.

– 1 personne sur 3 ne peut se soigner faute de moyens financiers… Où ? En France.

Alors, lorsque la population s’insurge contre cette situation, le Président de la République la fustige : les Français manifestent selon lui leur « esprit gaulois ».

Bien loin de prioriser les informations et d’accorder leur juste place à celles qui touchent de très près la vie précaire de nos concitoyens, la presse écrite et la télévision nous rebattent les oreilles de la question de savoir si Mélenchon a eu tort ou raison de s’emporter quand plus de 100 policiers se sont présentés chez lui et au siège de son parti, armés et vêtus de gilets pare-balles. Certes, il est plus intéressant de débattre si Mélenchon est ou non un « terroriste » plutôt que de la qualité de vie indigne ou très préoccupante de bon nombre de nos concitoyens…

J’aimerais revenir sur l’expression « esprit gaulois ».

Dans le Monde du 30 mars 1981, on pouvait lire : « Ce qu’on appelle l’esprit gaulois (…) est, en gros, un pot-pourri de vulgarité, d’obscénités verbales, de claques dans le dos du voisin ou sur ses propres cuisses, et d’autres aménités du même genre qui évoquent, sans excès de détours, des choses scandaleuses, dans la réalité… Etc.

Selon le dictionnaire Littré, que notre distingué humaniste a dû tenir en ses mains, l’esprit gaulois « se dit d’un trait d’esprit, d’un mot dont la liberté n’observe pas toutes les convenances, comme cela se voit dans les auteurs du XVIe siècle, à qui ces locutions s’appliquent particulièrement. »

Notre président nous prêterait-il des propos grivois, fripons, inconvenants, osés, désinvoltes, impolis, licencieux, lestes, crus, égrillards, voire graveleux, scatologiques, obscènes, bref bien « salés » ?

Or, le même Littré offre de « Gaulois » (parlant des gens) un autre sens : « C’est un bon Gaulois, un vrai Gaulois, se dit d’un homme dont la conduite est sincère, franche et droite. »

Ah ! Cette définition me plaît davantage ! Cependant, je doute que ce soit celle qu’a choisie Emmanuel Macron…

A moins qu’évoquant une certaine celtitude perdurant depuis des siècles, le Président n’ait voulu critiquer cette espèce d’indiscipline déjà remarquée par Jules César ou cet esprit frondeur, critique, rebelle, que tout bon lecteur d’Astérix sait reconnaître ?

Quelle définition choisissait notre ancien Énarque, ex-banquier d’affaires, qui en a tant côtoyé, lui, des « Gaulois » ?

Quoi qu’il en soit je ne la crois pas flatteuse dans sa bouche… et les médias se sont vite emparés de l’expression…

Est-ce pour détourner l’attention d’une population de plus en plus critique envers un exécutif qui s’évertue à faire oublier que des gens souffrent, qu’ils s’enfoncent de plus en plus inexorablement dans la pauvreté ?

Pour ma part, je ne me laisse pas « enfumer » : je reste vigilant…

A suivre !

J-F. Lopez

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