Le nouveau monde de Macron

La crise financière de 2008, a mis en évidence la folie du monde financier, la déréglementation lui a permis de sortir de son cadre institutionnel avec la bénédiction de la classe politique, appuyé par les médias qui défendent et excusent ce libéralisme sauvage.

Nos dirigeants sont obsédés par la compétition marchande. On assiste à l’invasion de marchandises fabriquées à bas prix dans des pays que n’entrave aucun scrupule social. On laisse l’argent fou détruire nos sociétés. Or rien n’est plus insensé que d’être obsédé par la seule économie.

On ne défend pas une civilisation en trahissant les valeurs qui la fondent.

Malheureusement la lumière ne vient plus du sommet de l’État, les Français ne croient plus en la politique.

Derrière le spectacle du jeu électoral, la politique réelle est définie en privé entre les gouvernements élus et les élites qui représentent les intérêts des milieux d’affaires.

Le nouveau monde prôné par le Président Macron et son gouvernement recycle les vieilles recettes déjà utilisées.

Pourquoi Macron donne-t-il aux riches ? Il applique « la théorie du ruissellement ». Cette idée selon laquelle il serait plus « efficace » pour l’intérêt général d’alléger les charges fiscales des plus riches, était à la mode au début des années 1980, à l’époque du triomphe de Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Les tenants de la théorie du ruissellement affirment que si l’on donne de l’argent aux riches (en diminuant leurs impôts massivement), cet argent finit par descendre dans l’économie générale et permet d’améliorer la croissance et le niveau de vie des plus pauvres… Ce qui n’est pas dit, évidemment, c’est combien de temps passerait APRES le gros cadeau aux riches pour que celui-ci opère en faveur des pauvres..

On allège donc la fiscalité des riches : ils investiront, ce qui développera l’emploi et, au final, le bien-être de tous les Français!!!!!!

Donner de l’argent aux riches n’a jamais aidé l’activité. Même le FMI, considéré comme le temple du néolibéralisme, le constate.

Le désamour dont Macron fait l’objet aujourd’hui était prévisible. Après les échecs de Sarkozy et Hollande, les Français, ont voulu croire en l’homme providentiel : Macron a incarné la jeunesse et la réussite insolente. Son élection a été rendue possible du fait de l’incompétence et de la division des partis traditionnels.

Macon a mis le dégagisme au service d’un projet personnel et d’une politique libérale sans originalité ni valeur propre.

Forcer les pauvres à se préparer un meilleur futur, c’est facile dans une économie stable où les emplois sont bien identifiés, mais notre économie est instable, fragile marquée par l’incertitude et les emplois créés ne sont que des emplois de service, précaires et mal payés.

On peut secouer les pauvres autant qu’on veut, leur chemin est plein de détours et leur ascension sociale est inexistante, même en traversant la rue.

Quant aux « fans » qui croient avoir trouvé un individu qui a réponse à tout, ils renoncent à leur liberté et arrêtent de réfléchir par eux-mêmes. Ils attendent que le gourou leur fournisse toutes les réponses, toutes les solutions, aussi mauvaises soient-elles. En démocratie, le pouvoir est à tous parce qu’il n’appartient à personne.

Les retraités ont eu la désagréable surprise d’être la variable d’ajustement budgétaire du gouvernement, en quelques mois ils ont reçu deux coups de massue.

En parallèle des 6 milliards d’euros de baisse d’impôts promis l’an prochain, ils subiront une baisse du pouvoir d’achat de 3 milliards d’euros, due à la désindexation des retraites. Cette mesure s’ajoutera à la hausse de la CSG qu’ils ont supportée dès 2018, laquelle rapporte 4,5 milliards d’euros chaque année. Le gouvernement présente ce dispositif comme favorable à l’emploi, la CSG étant la contrepartie de la baisse des charges des salarié(e)s.

Il y a une autre manière de présenter les choses. La hausse de la CSG est quasiment équivalente au montant des baisses d’impôts sur le capital, suppression de l’ISF et taxe forfaitaire unique. Ces deux mesures coûtent 5,1 milliards d’euros en année pleine, soit plus de 25 milliards sur le quinquennat. A 90%, elles seront financées par la CSG des retraités. Donc, le gouvernement organise en fait un immense transfert de richesse, des retraités vers les détenteurs de capital.

Ces mesures sont évidemment injustes en matière de distribution des revenus et conduisent aussi et surtout à aggraver les inégalités.

Pour les actifs d’aujourd’hui, le sujet des retraites (mise en place d’un régime universel à points) n’est guère mieux engagé, la retraite peau de chagrin se profile de plus en plus. Ce n’est pas d’ une réforme des retraites qu’il s’agit, mais d’un projet de société.

Nos dirigeants sont désormais si enlisés dans le règne du paraître, obsédés par la médiatisation, qu’ils ont oublié que l’on peut vivre et penser autrement, il est grand temps d’imaginer un autre monde.

Castoriadis (philosophe et économiste grec) s’insurgeait contre notre complaisance envers le système. « Nous devrions, écrit-il, vouloir une société dans laquelle les valeurs économiques ont cessé d’être centrales ou uniques, où l’économie est remise à sa place comme simple moyen de la vie humaine et non comme fin ultime, dans laquelle donc on renonce à cette course folle vers une consommation toujours accrue. »

Pour survivre et prospérer, nous avons besoin de beaucoup de sages, pour aller au désastre, il suffit de quelques imbéciles. On devrait faire lire Castoriadis à notre président.

D’après notre président, les « Gaulois » sont allergiques aux réformes.

Réformer, ce n’est pas simplement réduire le nombre de fonctionnaires de base, ou opposer les salariés du public au secteur privé ou réduire les quelques avantages qu’a obtenus la classe ouvrière.

Réduire le train de l’État, c’est tout d’abord avoir le courage politique de se réformer soi-même, et en premier lieu, appliquer des mesures drastiques à cette noblesse d’État et supprimer certains privilèges datant d’une autre époque et d’un autre régime.

C’est aussi s’attaquer à la lutte contre les fraudes fiscales. Il serait temps de mettre fin au système d’évasion légale, fondé sur le dumping fiscal en Europe et qui fait perdre à la France plus de 60 milliards par an. Cette pratique de fraude fiscale sape les fondements même de la vie sociale en organisant pour une petite oligarchie la possibilité d’échapper à la contribution commune .

Léon Blum disait: 

« Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l’existence. »

Michel Rico

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s