L’École de la confiance

« Pour une école de la confiance » tel est le titre du projet de loi porté par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

La loi sera-t-elle votée tranquillement sans que personne ne s’en émeuve outre mesure ?

Pour bien des Français, rien de bien méchant : il s’agit tout bonnement d’installer un drapeau tricolore dans chaque classe et de rendre obligatoire la scolarité à partir de trois ans au nom de la « concrétisation de l’ambition républicaine que porte aujourd’hui le Gouvernement » (donc d’entériner dans la loi un état de fait : quel parent, si l’école maternelle peut l’accueillir, préfère conduire son enfant chez la nounou ?)

Regardons-y de plus près :

– Ce qui se mijote est de fusionner écoles et collège.

Au lieu d’avoir, dans chaque école, un(e) directeur /trice qui connaît bien chacun des petits élèves, la direction sera assurée par le/la principal(e) du collège voisin et ses adjoints qui seront chargés de plusieurs établissements et dépourvus de la connaissance exacte du terrain, des spécificités des écoles …

De fait, au lieu d’un conseil d’école par trimestre, se tiendra, au collège, un conseil d’administration pour plusieurs établissements, le collège et l’/les école/s.

Que s’ensuivra-t-il ? Inutile d’être un grand devin pour comprendre qu’on assistera à des fermetures de classes, voire, dans certaines petites communes, à la disparition des écoles. Trop d’élèves dans une école ? Inutile d’ouvrir une nouvelle classe : les petits nouveaux fréquenteront l’école voisine, à quelques kilomètres de là.

– Les enfants handicapés seront, paraît-il, accueillis dans les écoles. Que leurs parents ne se réjouissent pas : on ne donnera aucun moyen supplémentaire en termes de formation et de personnels pour le faire correctement !

– Enfin, l’enseignement pourra être dispensé par des contractuels sous-payés et sous-formés. Ainsi, des étudiants en 2ème année d’université pourront s’acquitter, vaille que vaille, de la mission d’enseigner… sans diplôme ni formation. (…) «Certains assistants d’éducation inscrits dans une formation dispensée par un établissement d’enseignement supérieur délivrant un diplôme préparant au concours d’accès aux corps enseignants ou d’éducation peuvent exercer, de manière progressive et dans une perspective de préprofessionnalisation, des fonctions pédagogiques, d’enseignement ou d’éducation. »

– Quant aux maîtres, il serait fortement à craindre qu’ils ne perdent leur liberté d’expression et ne puissent plus émettre d’avis sur l’enseignement ou l’accueil des élèves…

C’est donc en toute « confiance » que nous pouvons attendre le vote de la loi débattue au Sénat…

L’équipe de V.I.C.

Lisez également la BD d’Emma : https://emmaclit.com/2019/03/29/loi-blanquer-danger/

PS : Nous n’avons pas évoqué la réforme des lycées et du baccalauréat mais nous vous encourageons vivement à vous renseigner.

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