Quid de la conférence du 13 mai 2019 sur les épaves des Aresquiers ?

Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître de la part de notre association Vic Info Convivialité : lundi 13 mai, 150 chaises furent prises d’assaut et les imprévoyants venus à l’heure pile ou les retardataires adeptes du « quart d’heure vicois » ne trouvèrent aucun siège pour s’installer. Pour autant, ils demeurèrent dans les lieux. Jusqu’au bout !

C’est, en effet, dans une salle des fêtes archi-comble que la conférence, voulue et organisée par Vic Info Convivialité, sur les épaves des deux bateaux de marine marchande à voile, La Justine (le provençal) et l’Olympia (le grec) captiva l’attention des spectateurs et auditeurs durant 1 heure 30.

Des membres de la Section de Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines de Frontignan étaient là, dont le patriarche et fondateur du centre, l’ingambe Fernand ROBERT (à droite sur la photo du trio) qui accuse gaillardement 90 printemps et m’avoua n’avoir cessé de plonger qu’il y a deux ans. (!!!)

Laurence SERRA se présenta. Archéologue maritime et docteur en archéologie du verre, diplômée de l’Université d’Aix-Marseille, elle est actuellement titulaire des opérations épaves Justine et Olympia. Elle informa sur son équipe de collaborateurs et présenta notamment sa complice et collaboratrice, notre deuxième conférencière, Patricia NAEGELE, professeur de lettres classiques, secrétaire de l’association frontignanaise et responsable hyperbare depuis 2017 sur les deux épaves. Ensuite, entraînée par la passion qui l’habite, Laurence Serra donna un appétissant avant-goût de la suite en déroulant un diaporama de superbes photos, tout en montrant les lieux, l’emplacement où furent inventées les épaves (exactement en face de Vic !), évoquant les deux navires et l’époque où ils sombrèrent, expliquant les aléas de la mer et combien la Méditerranée, que d’aucuns croient à tort inoffensive, pouvait réserver de mauvaises surprises et se révéler dangereuse, ce qui pourrait expliquer les deux naufrages.

Jean-François LOPEZ, le président de Vic Info Convivialité, association organisatrice, évoqua rapidement la genèse de notre projet de conférence que portait depuis des années Michel RICO, et présenta nos deux partenaires (Municipalité de Vic et association des Amis vicois) avant de rendre la parole à nos deux conférencières.

A deux voix et avec enthousiasme, elles expliquèrent de quoi est tissé leur travail d’archéologues subaquatiques pour fouiller les épaves et les identifier avec précision. Elles parlèrent de leur matériel, des plongées, des investigations, repérages, mesures précises, de toute la technicité, la patience et la minutie nécessaires, du nombre d’heures à ne pas compter, ainsi que de leur appui sur des données historiques livresques et montrèrent leur labo. Elles firent partager leur enthousiasme et leurs découvertes, au nombre desquelles la façon dont on fabriquait les navires marchands et leur collaboration avec un spécialiste du bois de marine. Il s’avère que les travaux sur ces épaves sont précieux, fondamentaux même, pour faire avancer les savoirs sur la marine marchande, un domaine de la connaissance très méconnu, à la différence de celui de la marine militaire étudié exhaustivement.

Il fut enfin question du soufre, ce qui nous transporta vers la Sicile où il était extrait pour être acheminé vers nos côtes. Le soufre permet de traiter efficacement – et c’est le cas encore de nos jours – l’oïdium, un champignon qui s’attaque à la vigne. On comprend à quel point il était nécessaire pour notre vignoble, extrêmement étendu à l’époque puisque l’Hérault était le premier producteur de vin et surtout pour un vin d’exception, produit à Frontignan, le fameux muscat. A noter que c’est grâce à un Montpelliérain, Henri Marès, de l’Académie des Sciences de Montpellier qu’est utilisé le soufre car il démontra, à l’époque, les bienfaits de l’usage de ce minéral dans l’agriculture. Alors commença et dura un trafic maritime important qui amenait de Sicile vers nos ports des cargaisons hebdomadaires de soufre et la ville de Frontignan fut très investie dans tout ce qui relevait de l’industrie du soufre.

Il nous fut donné de voir les mines de soufre siciliennes vers lesquelles se sont rendues nos conférencières, dans le triangle Enna, Agrigento, Caltanisseta, et d’apprécier la terrible pénibilité du travail des mineurs dont la longévité était restreinte car ils passaient des semaines au fond de la mine, avant d’en remonter pour retrouver momentanément leur famille…

Avant de prolonger le plaisir intellectuel par celui des papilles et de partager, chaleureusement et dans la bonne humeur, le (les) verre(s) de l’amitié, quelques questions soulevées par Laurence Serra tournaient dans bien des têtes…

Lequel des deux bateaux percuta l’autre ? La Justine ? L’Olympia ? Et pourquoi ? Était-ce uniquement en raison du gros temps et d’une côte devenue inhospitalière ? Ou y aurait-il quelque secret à découvrir,  comme celui d’une cargaison pas tout à fait réglementaire, pas tout à fait légale ? À moins que quelque chose d’autre n’expliquât cette tragédie où des hommes périrent dans la nuit du 14 février 1867 ?

Sans en être, bien loin s’en faut, aux balbutiements de leurs travaux, nos deux plongeuses et conférencières, dont nous saluons l’implication, le travail, l’expertise, n’en ont pas fini de fouiller, afin de parfaire leurs connaissances et d‘arracher aux épaves leur part de mystère non encore élucidé.

C’est pourquoi nous vous conseillons de les suivre en vous renseignant sur

la Section de Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines de Frontignan

et de suivre les avancées des travaux.

Vous pouvez vous connecter sur le site ou la page Facebook :

http://www.srassmf.fr

et https://www.facebook.com/srassmf.archeologieafrontignan

et consulter également

http:// www.la3m.cnrs.fr et http:// www.arkaeos.fr

Lors des échanges consécutifs à la conférence, certains de ses membres nous ont fait part d’un problème préoccupant pour le centre de Frontignan, qui peut ralentir, entraver son activité, voire, pire…

En effet, le SRASSMF connaît, malgré tous les bénévolats, un coût de fonctionnement croissant qui lui crée des difficultés financières.

Aussi son comité directeur a-t-il décidé de créer une carte de membre bienfaiteur.

Ceux d’entre nous qui désirent aider à pérenniser l’activité du club peuvent lui verser une somme allant de 20 à 30 €.

A noter que le centre est rattaché au Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques établi à Marseille et agréé par le Ministère de la Culture.

Tout don fait au centre de Frontignan sera suivi d’un reçu.

Vous pourrez inscrire la somme versée dans la case ad-hoc de votre déclaration des revenus car ce don ouvre droit à une réduction d’impôt.

Françoise Potet-Legros

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