Ce n’est pas parce qu’ à Vic…

Ce n’est pas parce qu’à Vic les élections municipales ne nous promettent pas de suspense haletant qu’il faudrait s’en désintéresser !

Rappelons-en les dates : les 15 et 22 mars.

De toute évidence, les Vicois n’auront à se déplacer qu’une fois pour se rendre aux urnes.

Pour quoi des élections municipales ?

Contrairement à une idée répandue, il ne s’agit pas d’élire, pour six ans, le maire mais le conseil municipal. C’est ce dernier qui, une fois élu, procédera plus tard à l’élection, à bulletins secrets, du maire et de ses adjoints.

L’élection municipale est la favorite des Français car la fonction des édiles s’exerce dans la proximité avec les citoyens.

Petit historique.

Il y a fort longtemps, des siècles et des siècles, que la fonction de maire existe en France. Le mot s’emploie dès l’An Mil et c’est au XII ème siècle que la fonction apparaît réellement. Mais on parle alors, selon les lieux et les époques, de pairs, de jurés, d’échevins, de conseillers, de syndics, etc. Dans le sud de la France, on emploie le terme de consul et, généralement, l’on n’en choisit pas un mais trois.

Le mot maire, issu du latin « major », plus grand, désigne (XII ème siècle) quelqu’un qui détient une autorité. Certaines villes médiévales devenues communes sont reconnues politiquement et juridiquement. Elles se dotent d’une charte et prévoient qu’un maire soit élu pour détenir le pouvoir exécutif et assumer certaines responsabilités (sécurité, salubrité, vie économique). Ce type d’institution perdurera jusqu’à la Révolution française sans transformation importante. Le maire lève les impôts dus au seigneur et à l’État, organise les corvées, remplit un rôle patrimonial. Jusqu’à la fin du XVIII ème siècle, sa fonction et celle du curé dans la commune sont imbriquées et d’ailleurs, de nombreux curés exercent aussi le rôle de maire.

Place au suffrage : tout change avec l’Assemblée Constituante.

En décembre 1789, celle-ci vote une loi qui établit la notion juridique de municipalité et qui arrête clairement le rôle du maire.

C’en est fini des privilèges (avec et depuis Louis XIV on pouvait, en effet, acheter à l’État sa charge de maire). Désormais on vote ! Mais le suffrage est, alors, censitaire : le corps électoral est constitué par les notables locaux et ne peuvent voter que les hommes de plus de 25 ans payant un impôt équivalent à 3 jours de salaire d’un ouvrier.

Il faudra attendre 1848 pour voir apparaître le suffrage universel. Universel… masculin !

Au cours du XX ème siècle, les maires se politiseront davantage car, pour accéder au pouvoir, les partis désirent s’appuyer sur des relais locaux.

Ce n’est qu’en avril 1944 que le suffrage devient véritablement universel. Le général de Gaulle signe une ordonnance qui élargit le droit de vote aux femmes  : les voilà enfin « électrices et éligibles » comme les hommes

Et la première fois que les femmes exerceront leur droit de vote sera le 29 avril 1945, lors des… élections municipales !

Que fait le maire ?

En tant qu’agent de l’État, il agit au nom de la collectivité territoriale qu’est la commune, publie lois et règlements, organise les élections, légalise les signatures. Il exerce aussi des fonctions judiciaires (officier d’état civil et de police judiciaire) sous l’autorité du procureur de la République.

– En tant qu’agent exécutif de la commune, il agit sous le contrôle du conseil municipal dont il fait exécuter les décisions. Il exerce les compétences que ce dernier lui délègue et lui rend des comptes. Il représente la commune en justice, passe les marchés, signe des contrats, prépare le budget, gère le patrimoine communal. Il a également des pouvoirs propres en matière de police administrative (ordre public, sûreté, sécurité, salubrité publiques). 

Conclusion.

La conquête du droit de vote n’a pas été un long fleuve tranquille. Elle est passée par bien des étapes depuis le suffrage censitaire et indirect jusqu’au suffrage véritablement universel : il y eut, en effet, le suffrage universel et masculin mais limité, puis le retour du censitaire, ensuite le suffrage universel masculin avec vote secret, enfin le vote des femmes et l’égalité de suffrage en Outre-mer (avec la suppression du double collège).

Nos droits ne nous sont pas acquis d’avance, ils se conquièrent. Et parfois de haute lutte ! Aussi le droit de vote, durement arraché par nos aïeux, ne doit-il pas faire l’objet de notre indifférence, de notre désinvolture, de notre négligence ou d’un offensant mépris.

Chères vicoises, chers Vicois, n’oubliez pas notre rendez-vous citoyen et républicain : les élections municipales du 15 mars 2020.

F. P-L


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